RGAA vs WCAG : quelles différences et lequel appliquer en France ?
RGAA vs WCAG : comprends les différences clés entre ces deux référentiels d'accessibilité et découvre lequel tu dois appliquer en France en 2026.
Si tu t'intéresses à l'accessibilité web, tu as forcément croisé ces deux acronymes : RGAA et WCAG. Deux référentiels, deux origines, mais un objectif commun : rendre le web utilisable par tous, y compris les personnes en situation de handicap. En France, 12 millions de personnes sont concernées. Depuis l'entrée en vigueur de l'European Accessibility Act (EAA) en juin 2025, la question n'est plus théorique : tu dois savoir lequel appliquer, pourquoi, et dans quelles conditions. Cet article te donne une réponse claire, structurée et directement exploitable.
RGAA et WCAG : deux référentiels, une filiation directe
Commençons par poser les bases. Le WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) est un standard international publié par le W3C, l'organisme qui définit les standards du web. Il existe depuis 1999 et a connu plusieurs versions : WCAG 1.0, 2.0, 2.1, 2.2 (publiée en octobre 2023), et la version 3.0 est en cours d'élaboration.
Le RGAA (Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité) est le référentiel français. Il est publié par la DINUM (Direction Interministérielle du Numérique) et constitue la transposition opérationnelle française du WCAG. Concrètement, le RGAA prend les critères de succès du WCAG et les traduit en critères testables, avec une méthodologie de vérification précise adaptée au contexte réglementaire français.
En résumé : le WCAG est la norme internationale. Le RGAA est son application française. Être conforme au RGAA signifie être conforme au WCAG 2.1 niveau AA. L'inverse n'est pas toujours vrai, car le RGAA ajoute des exigences spécifiques (déclaration d'accessibilité, schéma pluriannuel).
Tableau comparatif RGAA vs WCAG
Voici une vue synthétique des différences entre les deux référentiels :
| Critère | RGAA 4.1 | WCAG 2.1 (AA) |
|---|---|---|
| Origine | France — DINUM | International — W3C |
| Version actuelle | 4.1 (février 2021), v5 prévue fin 2026 | 2.2 (octobre 2023), 3.0 en cours |
| Nombre de critères | 106 critères répartis en 13 thématiques | 78 critères de succès (50 A + 28 AA) |
| Obligation légale en France | Oui — loi n°2005-102, décret 2019-768, EAA | Non directement — c'est le RGAA qui fait foi |
| Scope | Sites web + applications mobiles + mobilier urbain numérique | Contenus web au sens large |
| Langue | Français | Anglais |
| Méthodologie de test | Fournie (tests détaillés par critère) | Non fournie (critères de succès + techniques suffisantes) |
| Déclaration d'accessibilité | Obligatoire (article 47 loi 2005-102) | Recommandée, non imposée |
| Schéma pluriannuel | Obligatoire pour le secteur public | Non prévu |
| Niveau de conformité | Conforme / Partiellement conforme / Non conforme | A / AA / AAA |
Ce tableau fait apparaître une différence fondamentale : le WCAG est un standard technique. Le RGAA est un cadre réglementaire qui s'appuie sur ce standard technique.
Pourquoi le RGAA a plus de critères que le WCAG
Le RGAA 4.1 compte 106 critères contre 78 pour le WCAG 2.1 AA. Ce n'est pas parce que le RGAA est plus exigeant sur le fond. C'est parce qu'il découpe certains critères WCAG en plusieurs critères testables distincts.
Par exemple, le critère WCAG 1.1.1 (« Non-text Content ») est un seul critère qui couvre toutes les images. Le RGAA le décline en 9 critères dans la thématique « Images » : images informatives, images décoratives, images-liens, images complexes, images texte, etc. Chaque cas a son propre critère avec sa propre méthode de test.
Cette granularité est un avantage pour les auditeurs et les développeurs : chaque critère RGAA est directement testable, avec des conditions de succès et d'échec précises. Le WCAG, lui, laisse plus de marge d'interprétation et renvoie à des « techniques suffisantes » qui ne sont que des recommandations.
Pour approfondir les 106 critères et les 13 thématiques, consulte notre guide complet du RGAA.
Qui doit appliquer le RGAA en France ?
Le secteur public : obligation historique
Depuis la loi n°2005-102 du 11 février 2005, complétée par le décret n°2019-768, les organismes du secteur public ont l'obligation de rendre leurs services numériques accessibles selon le RGAA. Cela inclut :
- L'État et ses services déconcentrés
- Les collectivités territoriales
- Les établissements publics
- Les organismes délégataires de mission de service public
- Les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros (depuis 2019)
Le secteur privé : l'EAA change la donne
Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act (EAA) a élargi considérablement le périmètre. Sont désormais concernées les entreprises privées qui remplissent au moins l'un de ces critères :
- Chiffre d'affaires annuel supérieur à 250 millions d'euros, ou
- Plus de 50 salariés
Les secteurs particulièrement visés : e-commerce, banque et services financiers, transport, télécommunications, services audiovisuels. Mais la loi ne se limite pas à ces secteurs : toute entreprise qui entre dans les seuils est concernée, quel que soit son domaine d'activité.
Pour le détail des obligations EAA, consulte notre article dédié sur l'obligation d'accessibilité EAA 2025.
Les sanctions
L'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) mène un programme de 2 000 contrôles par an. Les amendes sont réelles : 50 000 euros par service non conforme, 25 000 euros pour absence de déclaration d'accessibilité. Les premières mises en demeure ont touché Auchan, Carrefour, E.Leclerc et Picard dès juillet 2025.
Quand le WCAG suffit et quand le RGAA est obligatoire
Le WCAG suffit si...
- Tu développes un produit destiné uniquement à des marchés hors France/UE (États-Unis, Canada, Asie). Dans ce cas, le WCAG 2.1 AA est le standard de référence.
- Tu travailles sur un projet interne non soumis à la réglementation française (prototype, outil interne d'une startup de moins de 50 salariés).
- Tu veux appliquer un standard d'accessibilité par conviction sans obligation légale. Le WCAG est alors une excellente base.
Le RGAA est obligatoire si...
- Ton site ou ton application est un service numérique d'un organisme public français.
- Ton entreprise dépasse les seuils EAA (250M€ de CA ou 50 salariés) et opère en France.
- Tu réponds à un appel d'offres public en France : la conformité RGAA est un critère d'éligibilité.
- Tu dois publier une déclaration d'accessibilité : ce document fait directement référence au RGAA, pas au WCAG.
- Tu dois produire un schéma pluriannuel d'accessibilité (secteur public) : là encore, le RGAA est le cadre de référence.
En pratique, si tu opères en France et que tu es soumis à l'obligation, c'est le RGAA que tu dois appliquer. Le WCAG seul ne suffit pas, parce que la conformité se mesure selon les critères et la méthodologie RGAA, et que les obligations documentaires (déclaration, schéma) sont spécifiques au cadre français.
L'articulation concrète entre RGAA et WCAG
En développement
Quand tu codes, tu appliques les bonnes pratiques WCAG : alternatives textuelles, contrastes suffisants, navigation clavier, structure sémantique, formulaires accessibles. Ce sont les mêmes exigences techniques dans les deux référentiels.
La différence se fait au moment du test : l'audit RGAA vérifie les 106 critères selon une méthodologie précise, avec des conditions de succès et d'échec documentées pour chaque critère. Un audit WCAG est plus souple dans sa méthodologie.
En audit
Un audit RGAA est plus structuré qu'un audit WCAG pur. Il impose :
- Un échantillon de pages représentatives (minimum 10 à 15 pages types)
- Un test de chaque critère applicable sur chaque page de l'échantillon
- Un résultat par critère : conforme, non conforme, non applicable
- Un taux de conformité global calculé selon la formule officielle
- Une grille de résultats par thématique
Cette rigueur méthodologique est un avantage : elle rend les résultats comparables d'un audit à l'autre et d'un site à l'autre.
En documentation
Le RGAA impose deux documents que le WCAG ne prévoit pas :
- La déclaration d'accessibilité : document public qui indique le niveau de conformité, les non-conformités identifiées, les mesures correctives et un moyen de contact. Elle doit être accessible depuis chaque page du site.
- Le schéma pluriannuel (secteur public) : plan d'action sur 3 ans maximum décrivant la politique d'accessibilité, les actions de formation, les audits planifiés et les ressources allouées.
RGAA v5 et WCAG 2.2 : ce qui arrive
Le RGAA v5, attendu pour fin 2026, s'alignera sur le WCAG 2.2. Les principaux ajouts par rapport au RGAA 4.1 :
- Focus non masqué : l'indicateur de focus clavier ne doit pas être entièrement caché par d'autres éléments de la page
- Taille minimale des cibles : les zones cliquables doivent mesurer au minimum 24x24 pixels CSS
- Aide cohérente : les mécanismes d'aide doivent apparaître au même endroit sur toutes les pages du site
- Authentification accessible : les méthodes de connexion ne doivent pas reposer sur des tests cognitifs (CAPTCHA, puzzle)
- Saisie redondante : ne pas redemander une information déjà fournie dans le même processus
Si tu es déjà conforme au RGAA 4.1, la transition vers la v5 sera progressive. Si tu ne l'es pas encore, commence par le RGAA 4.1 : c'est la version en vigueur et celle sur laquelle portent les contrôles actuels.
Comment vérifier ta conformité
La démarche la plus efficace se déroule en trois étapes :
1. Pré-audit automatisé
Un outil automatisé peut tester environ 30 à 40 % des critères RGAA : contrastes, alternatives textuelles, structure des titres, labels de formulaires, langue de la page, attributs des iframes. C'est la première étape, rapide et peu coûteuse, qui permet d'identifier les violations les plus évidentes et de prioriser les corrections.
2. Audit manuel par un expert
Les 60 à 70 % restants nécessitent une vérification humaine : pertinence des alternatives textuelles, cohérence de la navigation, qualité des sous-titres, compatibilité avec les lecteurs d'écran, utilisabilité clavier sur l'ensemble des parcours. Un auditeur formé au RGAA teste chaque critère sur un échantillon de pages représentatives.
3. Plan de remédiation et suivi
L'audit produit un rapport détaillé avec les non-conformités classées par priorité. Les corrections sont implémentées, la déclaration d'accessibilité est publiée, et un processus de suivi est mis en place pour éviter les régressions.
Conclusion : RGAA = l'obligation, WCAG = la base technique
La réponse à la question « RGAA ou WCAG ? » est simple. Le WCAG est le socle technique international sur lequel tout repose. Le RGAA est l'obligation légale française qui traduit ce socle en critères testables et en exigences documentaires.
Si tu opères en France et que tu es soumis à la réglementation (secteur public, entreprise de plus de 50 salariés ou 250M€ de CA), c'est le RGAA que tu dois appliquer. Le WCAG seul ne couvre pas les obligations documentaires françaises (déclaration d'accessibilité, schéma pluriannuel).
Dans les faits, appliquer le RGAA revient à appliquer le WCAG 2.1 AA plus les exigences spécifiques françaises. Ce n'est pas l'un ou l'autre : c'est l'un qui englobe l'autre.
Si tu ne sais pas par où commencer, la première étape est un diagnostic. Pour comprendre ce qu'est le RGAA en termes simples, consulte notre article RGAA, c'est quoi ?.
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